Partant de la problématique relative à la promotion du produit culturel et muséale et le rôle que peut jouer les nouvelles technologies de communication pour contribuer à cette fin, nous avons basé notre étude sur deux axes :
 Dans un premier temps, nous nous sommes demandé si Internet pouvait aider les institutions muséales à promouvoir le produit culturel quelle préserve. Nous avons exploré d’abord les concepts de musée virtuel, de virtuel, nous avons vu les dernières tendances d’internet, nous avons observé les sites des grands musées pour en découvrir les fonctionnalités les plus avancées, nous avons étudié leur contenu et nous en avons proposé une typologie. Nous avons pu constater qu’internet peut avoir des fonctionnalités analogues à celles d’un musée : collecte, conditionnement et exposition. Internet offre des solutions et des alternatives aux différents problèmes des musées : elle désacralise les objets et les œuvres et fait éclater la notion de collection. Elle se déploie dans la déterritorialisation et échappe même en partie a la temporalité, constituant un musée ouvert en tout temps accessible de partout et toujours, offrant de nouvelles possibilités pour la visualisation des œuvres et des objets exposés. Enfin, Internet apporte de nouveaux modes de travail, basés sur la collaboration de personnes qui ne se rencontrent pas forcément.

 Dans un second temps, nous avons observé ce qui se passait en Tunisie et nous avons constaté que la présence du paysage muséal et culturel d’une manière générale sur Internet, tout en n’étant pas pauvre, ne correspondait ni à la densité muséale de notre pays,-très importante-. ni aux possibilités offertes par le réseau. Nous avons essayé de voir quelles étaient les stratégies possibles pour remédier à cet état de fait et nous avons abouti à l’idée d’un Musée virtuel de la Tunisie, basée essentiellement sur la collaboration des institutions muséales et tout organismes lié de près ou de loin à cette activité, ainsi que l’apport du prestataire privé et de la société civile …

Ce projet présente un enjeu considérable : en effet, plus on ira de l’avant et plus la place et la visibilité d’une entité sur Internet sera déterminante. La Tunisie terre des civilisations doit encore trouver sa place dans le monde virtuel. Si on peut admettre que les habitants de notre pays sont relativement bien connectés, on ne peut pas  dire autant du contenu de nos musées et de nos monuments culturels.

Le projet de Musée virtuel de la Tunisie que nous imaginons et développons, intégrera au fil de son déploiement, tout ce qui se rapporte à notre patrimoine culturel, – y compris le patrimoine immatériel- . C’est donc une image plus globale de la Tunisie qui serait véhiculée par cet outil, son passé, son présent, ses richesses culturelles, ses traditions, ses paysages, ses sites importants, tout en donnant à ses habitants la possibilité de se référer à leur identité, et aux étrangers une meilleure connaissance et qui sait, une envie de venir la visiter.
Internet ne remplacera pas les musées, ne serait-ce que parce qu’il ne peut contenir que des substituts. Mais il offre au phénomène de la muséification de nouvelles perspectives, tant au point de vue individuel qu’institutionnel. Chacun peut être acteur et consommateur d’un musée virtuel en perpétuelle transformation. Chacun peut voir, partager, mais aussi ré-élaborer un patrimoine muséal numérisé. Cette situation risque de modifier profondément les attitudes et les habitudes dans le domaine de la culture de l’éducation et du divertissement. Le produit que nous concevons sur Internet permet de s’affranchir du temps et de l’espace. Elle génère des communautés qui s’activent autour de grands projets. Elle passe outre les règles établies et les hiérarchies.